Empêchée par des événements gouvernementaux de la plus haute importance, Valérie Pécresse, Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’Etat, porte-parole du Gouvernement, a délégué à René Ricol, Commissaire Général à l’Investissement ses pouvoirs pour remettre à Jacques Potdevin, Expert-comptable, Commissaire aux comptes, les insignes d’Officier de la Légion d’Honneur, ce jeudi 27 octobre 2011.
D’éminentes personnalités des mondes économique, politique et universitaire, étaient réunies en foule à Bercy pour féliciter le récipiendaire.
L’officiant s’est notamment exprimé en ces termes :
« (…) Je suis heureux que les mérites si nombreux de
Jacques Potdevin soient célébrés à Bercy, au sein de l’hôtel
des ministres. Son engagement infatigable au service de la profession comptable est marqué comme chacun sait par un attachement exemplaire à l’intérêt général.
Cher Jacques, merci de me donner une si belle occasion de manifester toute l’amitié que je te porte ! (…)
En 1975, à 26 ans, diplômes en poche, tu prends la tête du groupe JPA. A partir de cette date, tu deviens diffi- cile à suivre pour les non-initiés. Démarre en effet une vie professionnelle d’une richesse incroyable. Certains épisodes me sont particulièrement chers, puisque nous avons vécu ensemble de belles batailles et de belles vic- toires ! Non content d’exercer tranquillement ton métier d’expert-comptable et de commissaire aux comptes, tu as d’abord développé considérablement le groupe JPA tout en l’ouvrant à la dimension internationale. En
1987, tu crées un réseau d’experts-comptables, d’audi- teurs et d’experts indépendants qui couvre aujourd’hui plus de 40 pays.
Tu as toujours eu une intuition très sûre des exigences nouvelles posées par l’internationalisation de la profes-
sion. Et tu as su en faire profiter l’Ordre des experts
comptables et la Compagnie des commissaires aux comptes. Lorsque j’ai quitté la présidence de l’Ordre en
1998, la Direction du Développement et des partena- riats internationaux ne pouvait pas être dans de meil- leures mains que les tiennes. L’aisance avec laquelle tu t’exprimes en anglais ferait presque illusion : tes interlo- cuteurs pourraient légitimement douter d’avoir affaire à un français, ce qui – soit dit en passant – est loin d’être mon cas. Ta personnalité si attachante a fait mouche quel que soit le fuseau horaire. A ce poste, ton efficacité s’est révélée redoutable: entre les actions de formation sur le contrôle qualité, les normes d’audit et les normes comptables qui t’ont mené jusqu’en Chine, tu as parti- cipé à la mise en place d’un Conseil national de la Comptabilité au Cambodge et au Laos tout en posant les fondations de la profession d’expert-comptable dans de nombreux pays d’Europe de l’Est comme la Roumanie, la Pologne, la Bulgarie et la Hongrie. L’élargissement de l’Union européenne exigeait en effet une uniformisation des pratiques et une standardisa- tion des compétences requises pour l’accès au métier d’expert-comptable.
Tu t’es donc évertué à promouvoir une meilleure gouvernance et une meilleure régulation de la profession au niveau européen tout en militant pour une amélioration de la qualité des normes comptables. Tu as passé près de dix ans au sein de la Fédération des experts comptables européens (FEE). D’abord comme représentant des institutions professionnelles françaises, en 1999, puis comme vice-président, à partir de 2001, comme deputy-president entre 2004 et 2006 enfin comme président jusqu’en 2008. Toujours vigilant à ne jamais séparer l’utile de l’agréable, Jacques profitera néanmoins de ses séjours à Bruxelles pour cultiver et approfondir ses connaissances bédéphiles.
La compagnie des commissaires aux comptes a su pro- fiter très largement de ton charisme fédérateur et de ton enthousiasme communicatif. Longtemps membre du conseil régional de Paris ainsi que du conseil national, tu es devenu président de la commission régionale des
commissaires aux comptes de Paris en 1985 avant de
prendre en 1989 la présidence de la compagnie natio- nale que je venais de quitter. Tu as par la suite écrit un ouvrage intitulé « Le commissaire aux comptes ». J’avoue humblement ne pas l’avoir lu, mon cher Jacques, mais je ne saurais trop en recommander la lecture ! Car depuis que nous avons enseigné ensemble à l’INTEC, je connais bien tes qualités pédagogiques et ton goût prononcé pour l’enseignement et la formation. Dès
1976 et pendant presque dix ans tu as assuré des cours au Centre de formation professionnelle supérieure de comptabilité et gestion (CFCG). Mais tu étais également de l’autre côté de la barrière : ceux qui ont passé l’examen d’expertise comptable à cette époque ont dû affronter ta présence au sein des jury… A partir de 1995, te voilà maître de conférence à HEC entrepreneurs. Aujourd’hui, c’est l’université de Bordeaux qui te sollicite pour son master sur la gouvernance des entreprises familiales et patrimoniales. Pour toi mon cher Jacques, la transmission des valeurs de la profession comptable n’est pas un vain mot. Tu as su d’ailleurs les partager avec tes enfants. Deux d’entre eux travaillent au sein du groupe JPA, l’un est même expert-comptable ! Aujourd’hui tu es membre de l’IFAC, institution que j’ai moi-même quitté il y a six ans. Désormais, ce n’est plus l’élargissement de l’Union européenne qui mobilise tes énergies mais la mondialisation et la financiarisation de l’économie ! Elles ont ouvert un vaste chantier de rénovation de la profession comptable au sein duquel tu es particulièrement actif.
A s’en tenir là, ton parcours est déjà remarquable. Mais j’aurais pu citer également ton engagement au sein d’un syndicat professionnel d’experts-comptables et de com- missaires aux comptes, tes responsabilités au sein de la chambre nationale des Conseils experts financiers et de la compagnie des Conseils experts financiers, ta partici- pation en tant qu’expert indépendant à un comité de la commission européenne pour les simplifications admi- nistratives, ta participation au Conseil national de la comptabilité et j’en passe.
Cependant, chacun sait ici que je n’ai encore rien dit. Le plus impressionnant chez toi, Jacques, ce n’est pas la carrière elle-même mais la manière dont tu l’as menée. Tu sais précisément ou tu vas, ta force de caractère ne fait aucun doute mais c’est ton côté incroyablement chaleureux, ta curiosité authentique, ta spontanéité qui font de toi quelqu’un que l’on n’oublie pas. (…) ».
Voyageur infatigable, Jacques Potdevin a effectué plus de 3 000 déplacements professionnels afin d’exporter le savoir-faire français, en matière de qualité des normes comptables, dans le monde. Sa réputation et son audience n’ont d’égales que sa clairvoyance et son pragmatisme.
Particulièrement apprécié par ceux qui ont la chance de le connaître, sa carrière éclatante reflète une personnalité hors du commun. Travailleur acharné, il n’en reste pas moins attentif à sa famille qui constitue sa plus grande richesse. Il était légitime que la République mette en lumières les nombreux talents de cet homme généreux et convivial qui, par ses nombreux combats en faveur de la transparence de la vie économique des entreprises, a contribué au prestige de sa profession et par voie de conséquence, à celui de la France.
Jean-René Tancrède
