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Paris – 21 septembre 2011
Les plus hautes personnalités de la famille judiciaire ainsi que d’éminents représentants du monde universitaire ont assisté ce mercredi 21 septembre 2011, dans la Bibliothèque de l’Ordre des Avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation, à la cérémonie au cours de laquelle le Ministre de la Justice et des Libertés Michel Mercier a remis les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur à Didier Le Prado ; il s’est exprimé en ces termes :
(…) Monsieur le président de l’ordre des avocats
au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, c’est un plaisir de vous remettre aujourd’hui les insignes de chevalier de la Légion d’honneur. La présence de cette assemblée éminente témoigne du profond respect de vos pairs pour vos qualités professionnelles, certes, mais aussi pour vos qualités humaines.
Depuis plus de trois décennies vous avez mis vos compétences et votre talent au service de la justice et des justiciables, portant haut les valeurs de notre droit ; vous avez mis par ailleurs votre énergie au service de la profession.
Votre parcours débute de façon peu classique. Diplômé de l’Ecole supérieure de commerce de Paris, vous décidez de poursuivre des études de droit et de sociologie, deux disciplines dont la rencontre a inspiré les plus beaux esprits de notre droit – je pense évidemment à Jean Carbonnier. Après avoir exercé les fonctions d’enseignant dans un lycée professionnel, de collaborateur de syndic de faillite dans vos jeunes années, vous décidez d’embrasser la carrière d’avocat à la Cour en 1978. Votre éloquence vous vaudra d’être nommé en 1983 secrétaire de la Conférence du stage. Après quelques années d’exercice, vous décidez de vous tourner vers la profession d’avocats aux Conseils. Convaincu par l’ouverture qu’offre la profession sur tous les domaines du droit, vous vous engagez en pleine connaissance de cause, ayant vu votre père exercer le métier, et avec quel brio. Le droit est en effet une passion familiale, que vous partagez d’ailleurs avec votre épouse et que vous avez su insuffler à vos enfants : vos filles ont ainsi embrassé la profession d’avocat et votre fils poursuit des études juridiques. Toutes vos passions, d’ailleurs, sont communicatives – y compris la voile, que vous pratiquez avec votre épouse.
Homme d’engagement, vous mettez tous vos talents au service de la défense de vos clients. Touchant à tous les domaines du droit, exerçant votre sens aigu de l’analyse, vous traiterez avec rigueur des dossiers souvent complexes. Vos qualités de défenseur et de conseil sont remarquées tant par vos clients que par vos partenaires professionnels.
Vous vous investissez très tôt dans les instances ordinales. Défendant les principes qui fondent votre profession vous œuvrez à sa modernisation et à son ouverture. Secrétaire du fonds social de l’ordre des avocats aux conseils dès 1995, vous serez élu secrétaire-trésorier en 2005, puis deviendrez président de l’ordre en 2009.
Au cours de votre mandat, soucieux d’amélio- rer la qualité du service rendu au justiciable, vous aurez toujours à cœur d’innover, vous serez un partenaire précieux dans les projets de modernisation des hautes juridictions portés par la chancellerie. Vous vous engagerez ainsi pleinement dans le processus de dématérialisa- tion des procédures civiles devant la Cour de cassation et la mise en place de nouvelles tech- niques de communication avec les greffes. Attentif aux besoins et aux attentes des justiciables, en 2010, vous serez la première profession réglementée à opter pour la certification ISO. Vous savez qu’une profession aussi pointue et exigeante que la vôtre, à la fois avocat et officier ministériel, impose un haut niveau d’expertise et de déontologie : avant même l’adoption de la loi Béteille du 22 décembre 2010, l’Ordre pose ainsi le principe d’une formation
continue obligatoire. Cette exigence et les hautes
compétences de votre profession sont essentielles afin de conserver toute sa qualité au modèle de représentation devant les cours suprêmes qui est le nôtre. Et je veux profiter de l’occasion qui m’est donnée aujourd’hui pour renouveler toute ma confiance aux membres de la profession d’avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, qui contribuent à faire de notre justice, une justice accessible et de qualité.
Cher Didier Le Prado, vous avez placé votre présidence sous le signe de l’excellence mais aussi de l’ouverture, et à cet égard les défis n’ont pas manqué. A l’heure où nous avons moder- nisé les professions du droit, vous vous êtes par- ticulièrement investi pour développer les syner- gies entre ces professions : la charte de coopéra- tion signée avec le Conseil National des Barreaux doit beaucoup à votre implication et vous êtes à l’initiative du Haut Conseil pour les professions du droit, qui comprend aujourd’hui
7 professions, et que vous présidez depuis décembre 2010.
Par votre enthousiasme à servir vos pairs, à défendre les droits du justiciable, vous avez su fédérer les volontés et faire aboutir des projets qui contribuent à améliorer notre justice. Vous avez démontré les capacités de votre profession à intégrer les évolutions majeures, en particu- lier celle de la question prioritaire de constitu- tionnalité qui a constitué pour nous tous une véritable révolution.
Je sais qu’au moment de recevoir ces insignes, vous aurez une pensée émue pour vos proches, ceux qui sont ici aujourd’hui et à vos côtés chaque jour, ceux qui ont inspiré votre parcours. (…)
Les qualités personnelles et professionnelles du
récipiendaire reflètent sa détermination dans la défense des droits de ses clients devant les Cours Suprêmes Françaises.
Apprécié pour sa rigueur et son savoir-faire, Didier Le Prado est un homme de dialogue qui a notamment participé aux travaux de la Commission Darrois et à la mise en œuvre de la question prioritaire de constitutionnalité.
Il était légitime que la République mette en lumière les talents de cet homme loyal qui participe avec pragmatisme et clairvoyance à l’œuvre de justice.
Jean-René Tancrède