Ala maison du Barreau de Paris, Paul Nemo a reçu de Jean-Gaston Moore, directeur honoraire de la Gazette du Palais, les insignes de Commandeur de la Légion d’Honneur ce 16 novembre 2010 en présence d’un parterre de personnalités parmi lesquelles : Jacques Barrot, ancien ministre, membre du Conseil constitutionnel, Pierre Fauchon(1), sénateur, Laurent Vallée, Directeur des Affaires Civiles et du Sceau, des hauts magistrats, notamment Gilbert Azibert, Premier Avocat Général à la Cour de cassation, Jacques Degrandi, Premier Président de la Cour d’Appel de Paris, Jean-Marie Coulon, Premier Président Honoraire de la Cour d’Appel de Paris, Chantal Arens, Présidente du Tribunal de Grande Instance de Paris, Jean Castelain, Bâtonnier du Barreau de Paris, Jean-Yves Le Borgne, Vice-Bâtonnier, Bernard Vatier, Président de l’UNCA, du président de l’Union Internationale des Avocats Pascal Maurer et de Bernard Cahen Président d’Honneur de l’Union Internationale des Avocats.
Pour résumer la personnalité du récipiendaire, Jean-Gaston Moore a fait référence à un auteur anonyme de 2003, à l’occasion de la remise de la rosette d’Officier de la Légion d’honneur à Paul Nemo par le Bâtonnier Jean-René Farthouat qui s’exprimait ainsi :
« En quelques mots, avec l’humour que nous lui connaissons, à l’occasion de chacune de ses interventions, le Bâtonnier Paul-Albert Iweins a dressé un portrait du récipiendaire : « Simplicité, affabilité, courtoisie, efficacité. Sans réseaux, il s’est imposé auprès des meilleurs de ses pairs, par ses seules qualités que l’on découvre en le connaissant »
Et d’ajouter :
« Réservé comme pouvait l’être son père, il hait l’esbroufe, le « m’as-tu vu », la publicité tapageuse, le vedetteriat médiatique.
Il garde son énergie, son efficacité pour ses clients et pour son action au sein de nos institutions ». Le parcours professionnel et institutionnel de Paul Nemo est impressionnant : maître de conférences à Sciences Po où il fait la connaissance de Jacques Barrot. Il participe à sa campagne. Jacques Barrot est élu député en 1974 est secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Equipement, chargé du Logement, puis ministre de la Santé et de la Sécurité sociale. Paul Nemo, fort de son expérience de directeur du Cabinet du Sénateur Adolphe Chauvin, l’accompagne. Il en est un conseiller de l’ombre au logement, à la santé. Il eut pu faire une carrière politique mais sa rencontre avec Pierre Fauchon(1) en fait un avocat. Il prête serment en 1969. Fort de ses diplômes universitaires, sa spécialisation en droit de la construction. Il en devient le spécialiste. Il est membre de la Commission Spinetta en qualité de consultant. Sa carrière d’avocat s’annonce, brillante. Les portes du Conseil lui sont ouvertes en 1988. Son bâtonnier Philippe Lafarge remarque sa compétence. Il le nomme secrétaire de la Commission finances et sociale de l’Ordre, administrateur de la CARPA de Paris. Il est déjà membre du Comité directeur de l’Union Internationale des Avocats.
A 44 ans, il a réussi sa carrière professionnelle et institutionnelle qui débouche naturellement sur la présidence de l’Union Internationale des Avocats. Tout l’y destinait. Son enfance, son adolescence, celle d’un père militaire dont la carrière s’est déroulée Outre-Mer, qu’il acheva comme général de division de l’infanterie de marine. Il était grand officier de la Légion d’honneur.
Elu premier vice-président de l’Union international des avocats au 44ème Congrès de l’Union Internationale des Avocats à Buenos Aires. Il est président du Congrès de Genève en 2004. Il préside, en 2005, celui de Fès. Il y prononce un discours magistral dont nous ne résistons pas à publier la conclusion :
« Mes Chers Confrères, il reste à écrire aujourd’hui le livre qui traiterait du « rôle social de l’avocat ». La profession se grandirait si, hors des sentiers balisés de l’Organisation Mondiale du Commerce elle s’attachait à faire connaître le « supplément d’âme » qu’elle apporte à la seule technique du droit, et si elle savait faire admettre qu’elle a un rôle social à jouer dans la société moderne par l’attachement à la culture et la défense des valeurs qui mettent l’homme, et non pas l’argent, au centre de la société. Un grand poète a dit : « Ne secouez pas trop ce vieil homme : il est plein de larmes… ».
Puisse l’avenir de la profession ne pas donner raison à ce poète dont l’avertissement s’appliquerait uniquement aux avocats, aux citoyens du monde ». […]
Directeur des Droits de l’Homme et de la Défense de l’Union Internationale des Avocats, il fait à l’ONU le 11 novembre 1998, l’éloge du Bâtonnier Louis Edmond Pettiti :
« Le Bâtonnier Louis Edmond Pettiti a été notre maître et notre inspirateur pour la promotion du rôle et des devoirs des avocats dans l’élaboration d’une politique des Droits de l’homme. Théoricien et praticien infatigable des Droits de l’homme, le Bâtonnier Pettiti soutenait que « nous sommes tous concernés, tous responsables, par le mécanisme de cette solidarité indivisible qui est la nouvelle image de la Société universelle ». En 2005, à peine achevé sa présidence de l’Union Internationale des Avocats, il est président de l’UNCA. Ses projets comme ceux de l’Union Internationale des Avocats furent réalisés : les locaux de la rue de Rennes, le RPVA, etc … Ses engagements pour le maintien de la culture française de droit romano-germanique, son audience auprès des membres de l’Union Internationale des Avocats l’ont conduit également à s’engager dans la francophonie et à la Conférence des Bâtonniers Francophones que préside le Bâtonnier Mario Stasi.
Sa vie personnelle, c’est d’abord ses enfants qui sont son bonheur, puis la lecture d’ouvrages français et étrangers, la conversation. En un mot, Paul Nemo est un honnête homme de la culture de l’Europe française ».
Qui mieux que Paul Nemo méritait cette promotion dans le plus grand ordre national républicain ?
Le parcours professionnel de ce grand juriste reflète une immense culture, qui s’étend bien audelà de nos frontières, cet avocat a parcouru le monde, toujours avide de compléter ses connaissances et de nouer de nouveaux contacts. Apprécié et reconnu par ses pairs tant pour ses valeurs morales que pour sa loyauté, Paul Nemo exerce son métier avec éclat : sa réussite professionnelle est incontestable, il conjugue compétence et clairvoyance car il est constamment en quête d’excellence Nous adressons nos très amicales félicitations à cet homme intègre dont l’ouverture d’esprit et la rayonnante intelligence honorent sa profession qu’il sert avec courage et fidélité. Jean-René Tancrède
Note : 1 – Sénateur, il est l’auteur de la loi « Fauchon » qui porte son nom. 2010-489
