par Bernard Seltensperger
Monsieur le Président, Madame le Procureur,
Il est extrêmement rare – je n’ai trouvé aucun souvenir historique
- que le président et le procureur d’un même tribunal soient installés ou, aujourd’hui présentés, en même temps, ensemble, à la même audience.
Quel symbole, quel symbole heureux ! Président, procureur : c’est une dyarchie. C’est un couple. Le tribunal est co-piloté dans un esprit de partenariat, de concertation et de solidarité institutionnelle dans son administration.
Monsieur le Président, vous venez de Valence dont vous étiez le Président du tribunal de grande instance, Valence, ancienne ville galloromaine, préfecture de la Drôme, au bord du climat méditerranéen.
Vous avez commencé votre riche carrière de magistrat à l’extrême ouest de la Métropole, à Brest. Puis vous avez connu l’Ardèche au tribunal de grande instance de Privas. Puis vous avez été chargé, très loin, du tribunal d’instance de Saint-Pierre à la Réunion. Vous avez rejoint la métropole pour y être nommé président du tribunal de grande instance de Moulins, dans l’Allier. Vous avez sans doute un goût prononcé pour les déplacements lointains puisque vous vous êtes éloigné à Fort-de-France. Vous êtes revenu en métropole, presque au bord de la mer, à Brest dont vous avez présidé le tribunal de grande instance. C’est à la suite de cette mission bretonne que vous êtes descendu, comme on dit, à Valence.
Vous avez donc été brestois à deux reprises, privadois, saint-pierrois, moulinois, foyalais puis valentinois. Je ne vous apprends pas que vous êtes désormais cristollien. Quel beau parcours ! Ce parcours aura des suites magnifiques. Madame le Procureur, vous nous venez de plus près, de Paris, de la place Vendôme. Nous nous sommes rencontrés ici même, mais au siècle dernier, vers la fin de ce siècle dernier. M’associant aux voeux qui viennent de vous avoir été exprimés, je suis d’autant plus heureux de vous accueillir.
Monsieur le Président, Madame la Procureure, vous êtes entrés en fonction il y a quelques jours au sein, mieux, à la tête de ce tribunal dont, en mai 2009, magistrats, greffiers, avocats, policiers, notamment, nous avons célébré joyeusement le trentenaire. Ce tribunal a été créé en même temps que ceux de Nanterre, Bobigny et Evry en conséquence de la réorganisation administrative de la région parisienne. C’est dire à quel point son histoire est viscéralement liée au département du Val de Marne.
Ce département est marqué par trois sites essentiels :
- l’aéroport d’Orly, le deuxième de France,
- le marché international de Rungis, installé sur les communes de Rungis et Chevilly-Larue, naguère le “MIN” de Rungis, marché d’intérêt national, implanté sur 232 hectares. C’est le plus grand marché de produit frais du monde.
- l’établissement pénitentiaire de Fresnes auquel est lié le seul centre hospitalier également pénitentiaire de France.
Il contient également plusieurs hôpitaux notamment psychiatriques dont l’un est équipé, ce qui est rare en France, d’une unité pour les malades difficiles.
J’ajoute l’université de Paris XII. Ce département est remarquable également par son irrigation – autoroute A6, autoroute A4, autoroute A86 à quelques mètres de l’un des accès au tribunal, TGV.
Ce département du Val de Marne, peuplé d’1.300.000 habitants, de Paris à la Seine-et- Marne, de la Seine-Saint-Denis à l’Essonne est presque totalement urbanisé. Quarante-sept communes le composent dont huit contiennent plus de 50.000 habitants. Un dixième seulement de sa superficie est consacré aux cultures maraîchères et florales. Ce département correspond au quart sud-est de la banlieue de la capitale. Malgré cette urbanisation exceptionnelle, le Val de Marne présente des charmes particuliers. J’ose me permettre un court trait de nostalgie : par exemple Nogent-sur-Marne et son petit vin blanc et le pavillon Baltard, unique pavillon sauvé de la destruction et récupéré, par son maire, des anciennes halles de Paris, plusieurs chansons célèbres que les anciens ont en mémoire.
Les fleurs et les verdures : l’Haÿ-les-Roses et, naturellement, sa roseraie, Boissy-Saint-Léger et ses orchidées, les bords de Marne, le bois de Vincennes.
Vincennes…
Vincennes et son somptueux château, Vincennes, symbole de l’une des plus anciennes justices de proximité, celle du roi Saint-Louis, rendue à l’ombre d’un vieux chêne. Vincennes dont le tribunal d’instance a pourtant été récemment supprimé pour rejoindre celui de Nogent-sur-Marne.
Monsieur le Président, Madame le Procureur, la première image que vous avez eue de ce tribunal est sa silhouette, celle d’une balance, naturellement la balance de la justice, et son caractère audacieux. Cette construction est monumentale, comme le sont dans le Val de Marne sa préfecture et la mairie de Créteil. Monsieur le Président, Madame le Procureur, interprète des magistrats et des fonctionnaires de ce tribunal, je vous souhaite à nouveau la bienvenue au sein de votre nouvelle juridiction. Chacun s’efforcera de faciliter vos tâches. Ce tribunal a fait l’objet d’une sorte de renouveau récemment. En effet, le 30 août, dix-neuf nouveaux magistrats y ont été installés, treize au siège dont quatre dans les tribunaux d’instance d’Ivry-sur-Seine, Nogent-sur-Marne et Villejuif, six au parquet.
Nous sommes ambitieux pour une justice de qualité. Nous devons être exigeants. Nous devons oeuvrer pour une justice harmonieuse à l’écoute de son temps, une justice dont les fenêtres sont ouvertes sur l’extérieur, une justice qui, permettant de consolider le lien social, doit être acceptée.
Continuons nos efforts en ce sens
