par Stéphane Mouré
* La basilique-cathédrale de Saint-Denis est le premier chef d’œuvre monumental de l’art gothique. Cette église abbatiale dénommée “basilique” dès l’époque mérovingienne, s’élève sur l’emplacement d’un cimetière gallo-romain, lieu de sépulture de saint Denis, le patron du royaume, martyrisé vers 250.
Stéphane Mouré, chargé d’enseignement en histoire du droit à l’Université de Paris VIII Vincennes/Saint- Denis, nous livre ci-après son regard sur ce “haut lieu du droit public de l’ancienne France”.
Il a choisi d’évoquer successivement trois points : d’abord le principe de continuité dynastique, les Capétiens ayant fait de cette basilique le “cimetière aux Rois” ; puis l’art de la guerre, ce pour quoi “la pro- tection de saint Denis, le patron du royaume, est la plus nécessaire” ; enfin la dignité royale, ce lieu étant également dépositaire de tous les regalia, objets sym- boliques de la royauté tels l’épée du sacre, le sceptre ou l’oriflamme.
Conçu par l’abbé Suger au XII ème siècle et achevée au XIII ème siècle, ce haut lieu de la monarchie française abrite ainsi une collection unique en Europe de gisants et de tombeaux du XII ème au XVI ème siècle. Ce sont ainsi 42 rois, 32 reines, 63 princes et princesses et 10 grands du royaume qui ont été enterrés dans cette nécropole royale après que Saint Louis décida en 1260, de faire réaliser le gisant sculpté de tous ses prédécesseurs, de Dagobert à Charles Martel, ou encore de Pépin le Bref. La basilique de Saint-Denis a aussi subi les vicissitudes de l’histoire. C’est sur le “vandalisme révolutionnaire” que Stéphane Mouré a choisi de clore son propos, ce haut lieu de la monarchie française ayant été pillé pen- dant la Révolution : “Les activistes révolutionnaires veulent accomplir les promesses de la philosophie. Ils veulent en finir une fois pour toutes avec cette politique de l’incorporation monarchique qui oppose à ceux innombrables qui obéissent celui qui commande, tandis que la loi, expression de la volonté générale, réalise l’éga- lité de tous les citoyens”.
Jean-René Tancrède
