25ème congrès “Economie durable, économie d’avenir” – Deauville, 1er / 3 juillet 2010
Photo © Jean-René Tancrède
Le 25ème Congrès national de l’Institut Français des Experts-Comptables et des Commissaires aux Comptes – IFEC s’est déroulé du 1er au 3 juillet 2010 à Deauville sur le thème : Economie durable – Economie d’avenir. Lors de la cérémonie d’ouverture qui s’est tenue en présence d’Hervé Novelli, secrétaire d’Etat aux PME, Françoise Savès, présidente du premier syndicat patronal de la profession comptable, a évoqué ses inquiétudes : le “recul très net de l’interprofessionnalité” suite à l’instauration de l’acte d’avocat ; ou encore la suppression de l’obligation d’établir des comptes annuels dans les micro-entités, votée par le parlement européen début mars 2010 alors que “la comptabilité reste le seul moyen efficace de pilotage, d’analyse de cohérence, de vraisemblance, et d’anticipation des difficultés”.
Françoise Savès a en outre revendiqué un “alignement strict des avantages entre OGA (organismes de gestion agréés) et Profession Comptable” et suggéré, s’agissant des dysfonctionnements du Régime Social des Indépendants (RSI), que les experts-comptables soient les premiers opérateurs du calcul des charges sociales des travailleurs non salariés. A l’issue des travaux une “charte du cabinet responsable” véritable guide pour aider les experts-comptables à structurer la démarche de développement durable de leur cabinet, a été adoptée. Dans son discours de clôture publié ci-après, Françoise Savès a posé sept principes pour guider, face aux enjeux et aux menaces, “en toute circonstance” l’action de la profession comptable. Jean-René Tancrède
Profondeur stratégique
Par Françoise Savès
Dans les 10 années qui viennent, les crises, nous le savons, seront climatiques, écologiques, sanitaires et politiques.
Et dans les entreprises, de manière plus pragmatique, les crises sont et seront celles des fonds propres.
Face à ces dangers réels, finalement inhérents à la vie, l’Homme a toujours su développer des stratégies de survie.
Il faut, comme toujours, s’inscrire dans le mouvement, ne pas freiner, ne pas avoir peur. Dans les 10 ans, c’est l’explosion des nanotechnologies, des biotechnologies, des technologies de l’information et des sciences cognitives, qui créeront la valeur et feront apparaître des métiers nouveaux. La profes
sion a des gisements importants d’idées à y trouver. Face aux enjeux et aux menaces, toute organisation a besoin d’empathie et de profondeur stratégique. C’est le cas pour l’Ifec, c’est le cas pour la profession comptable, c’est le cas pour chacun d’entre nous.
Puis-je tenter avec vous de poser sept principes qui pourraient nous guider en toute circonstance…
I. Toujours affirmer nos valeurs et nos principes Savoir à tous moment vérifier la qualité de nos missions et leur utilité. Rester toujours soucieux de l’intérêt général, de celui de nos salariés et de nos clients. Partager avec nos partenaires, les mêmes valeurs de respect et de loyauté. Respecter notre histoire.
II. Avoir une vision de nos métiers et de la profession à long terme, écrire un projet clair Savoir résister à la pression de l’immédiat. Inscrire son action dans le long terme. Intégrer toutes les évolutions possibles, quitte à sélectionner des marchés et des moyens. Prendre en compte urgemment les attentes de la génération Y.
III. Explorer toutes les mutations de l’environnement, comprendre les attentes Parce que nos cabinets, nos salariés et nos clients sont importants à nos yeux, nous chercherons tous les risques de rupture, nous fuirons tout déni de réalité, nous serons en veille permanente sur les attentes des uns et des autres, quitte à changer totalement de voie.
IV. Aimer la nouveauté, la créativité, le changement, l’innovation, la concurrence Transformer la pression à la baisse des prix en incitation à innover, à réorganiser la production, à offrir de nouveaux services qui font gagner du temps aux clients.
V. Ne pas se concentrer sur un seul métier, être prêts, face à un marché en régression, à investir un secteur voisin Nous saurons nous mettre à la place des concurrents pour mieux étudier leur stratégie. Nous capterons toutes les nouveautés comme autant de défis pour notre organisation. Nos cabinets seront des entités flexibles dont la raison d’être sera de servir au mieux le client.
VI. Savoir penser hors nomes, avoir de l’audace De nombreux métiers vont naître. En impliquant nos salariés et nos partenaires, autour d’un engagement de services, nous inventerons les métiers du futur.
VII. Créer des réseaux collaboratifs entre partenaires qui se complètent et qui partagent les mêmes valeurs Travailler avec ceux qui oeuvrent dans des domaines nouveaux et qui vont devenir essentiels pour l’entreprise ; nous venons d’en étudier un des principaux durant deux jours : la croissance autrement, l’économie responsable et durable.
Les dirigeants de demain, nous, auront besoin de sang froid et d’humilité. Ils devront avoir une forte aptitude à dire la vérité, à entraîner, à donner l’exemple. (…)
Je vous invite à faire vôtre cette citation d’Alain, philosophe et humaniste Normand :
« Ce sont les passions et non les intérêts qui mènent le monde. Toutes nos erreurs sont des jugements téméraires, et toutes nos vérités, sans exception, sont des erreurs redressées ».
2010-333

